Comment changer le monde assis sur sa chaise

23 février 2015

La photo qui m'énerve deux fois

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Attention, une photo peut vous remuer.

Cette photo.

 

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L'horreur a plusieurs photos, toutes plus criantes les unes que d'autres. Quand j'ai vu celle-ci, j'ai eu la nausée. Est-elle prise dans un monde parallèle ? Un monde d'ailleurs ? Une autre planète ? Non, c'est mon monde et j'ai le coeur meurtri. Là où je vis, là où ma fille grandi, là où on jette le dernier bout de brocolis que personne ne veut à la fin du repas, là où de ma chaise végane j'écris. Il y a un autre monde dans mon monde, celui de l'horreur, de la honte. L'enfer.

Des photos qui me secouent comme celle-là, il y en a tous les jours. Un enfant agenouillé et le vautour qui le surveille. Un enfant au regard perdu, entre vie et mort, si maigre, si frêle. Un enfant qui tète un sein vide désespérément. Des corps abandonnés. Notre monde n'est pas avare de clichés bouleversants.

Et puis j'ai vu le second message, écrit par dessus cette photo et ma colère est montée d'un cran. Les réseaux sociaux ont créé un art nouveau : celui de culpabiliser et de se dédouaner. Qui a un coeur ? Qui osera partager ? Tout le monde, à moins que je me trompe, a un coeur. Tout le monde, au moins à notre échelle, a de l'humanité. Tout le monde peut le prouver : en partageant une photo. Une photo qui pose un fait, violent, inhumain, mais qui ne dit pas comment on peut agir, concrètement, là tout de suite, au moins un peu ou beaucoup plus. Mais ici, on met en culpabilité celui qui défend les animaux, du petit toutou frappé à la vache laitière.

On peut faire mieux que de partager - liker - twitter - s'émouvoir. On peut faire quelque chose :

Changer sa consommation, porter son regard sur ce que l'on paie

-  Ne plus acheter nos soda et boissons sucrées (coca en tête de gondole) qui volent l'eau des nappes phréatiques de tant de pays pauvres. Extrait du Monde diplomatique (lien) : "Pendant plus d’un an, des femmes des tribus de Plachimada, dans le district de Palaghat, au Kerala, ont organisé des sit-in pour protester contre l’assèchement des nappes phréatiques par Coca-Cola. « Les habitants, écrit Virender Kumar, journaliste au quotidien Mathrubhumi, portent sur la tête de lourdes charges d’eau potable qu’ils doivent aller chercher loin, pendant que des camions de boissons gazeuses sortent de l’usine Coca (1). » Il faut 9 litres d’eau potable pour faire 1 litre de Coca."

Parce que jusqu'à preuve du contraire, du soda a besoin d'eau pour être liquide. Pas sûr que ce soit chez Evian ou Contrexville que ces firmes achètent leur eau. 

 

- Ne plus acheter de la viande animale (terrestre et marine) dont l'alimentation céréalière est produite sur les terres spoliées à des populations pauvres qui meurent de faim, des terres pillées aux "poumons du monde", l'Amazonie. Des céréales abondamment arrosées d'eau volée et de pesticides tueurs.

 

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"Quand l'industrie de la viande dévore la planète" le Monde diplomatique, encore

Dommage collatéraux :

Des céréales d'Amérique du Sud permettent donc d'engraisser nos bœufs, nos poulets, nos poissons, nos porcs. Ensuite, l’Union Européenne revend le "surplus" (les parties de l'animal les moins vendues à nos bouches délicates) grâce aux accords commerciaux avec l'Afrique. Quelques centimes le kilo d'ailes de poulet, tandis que les paysans africains ne trouvent plus d'acheteur pour leur poulet qui en coûte 5 fois plus. Je vous invite à la 54 minutes et 45 secondes de l'excellent reportage d'ARTE "L'adieu au steak" ( https://www.youtube.com/watch?v=5Xv1H81qy_Q ), où nous apprenons que la viande européenne inonde le marché du Ghana, le laissant exsangue, incapable de rivaliser avec les prix subventionnés par la PAC (Politique Agricole Commune). Rien qui ne puisse aider certains pays d'Afrique a se rendre indépendant. 

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Et comme ça, en passant, les subventions de la PAC, c'est nous, petits contribuables. Nous payons à bas prix direct la viande mais le coût réel qui nous est imputé est bien plus élevé (lien Euractiv). Sans compter bien entendu, les dommages collatéraux qui font grimper le chiffre : pollution, santé, écologie ...

 

La mondialisation de notre alimentation tue. La fameuse croissance tant vantée par nos médias et nos politiques ne sera jamais pour tous les peuples sur Terre. Elle ne peut se faire que sur le dos des plus pauvres. Alors ça va, nous sommes du bon côté de la barrière, mais est ce là justice et durabilité ?

 

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Nos diamants autour du cou, nos téléphones portables, nos voitures, notre électricité, nos besoins vitaux et nos plaisirs du quotidien sont tout ce que nous arrachons au monde de ses ressources si précieuses.

Nous avons des têtes pensantes qui font l'art d'une guerre contre l'Humanité au nom du pouvoir et du profit.

Nous sommes des acheteurs qui consomment sans comprendre vraiment les impacts.

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Il est aussi beau Léo que le diamant peut être sale.

Nous pouvons faire des dons, signer des pétitions, c'est déjà ça !  Mais ce n'est qu'un pansement sur une plaie ouverte. Nous, peuple, n'avons qu'un seul pouvoir : celui de notre consommation. Notre consommation nous donne le pouvoir de nous venter auprès des autres pour ce qu'on possède, elle nous donne le pouvoir de vivre ou survivre dans un quotidien de plus en plus difficile, elle nous donne le pouvoir de nourrir nos enfants ou de les gâter (synonyme de pourrir). Elle nous donne le pouvoir de décider qui l'on veut être, ce qui nous anime. Mais elle nous donne aussi le pouvoir de bousculer les choses. C'est le "vote caddy".

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HuffingtonPost.fr.

Alors quand je lis sous la photo de cette mère donnant un peu d'eau à un enfant si maigre "qui aura le courage de partager cette photo ?" j'ai plutôt envie de dire : "qui va oser changer son regard sur sa consommation ?"

Heureusement je m'aperçois que beaucoup amorcent ce changement, comme moi et ma famille l'avons fait à la maison depuis que d'autres nous ont ouvert les yeux.Merci à eux.

Nous n'avons pas tous les mêmes buts, certains le font pour de raisons de santé et d'environnement, d'autres pour la cause animale ou sociale, puis il y a ceux qui sont dans une quête de "révolution", contre l'injustice, contre les lobby qui s'engraissent. On s'en fout, l'essentiel reste que ça avance. 

Beaucoup se bougent et acceptent des petits sacrifices dans l'espoir de sauver cette femme et son enfant, dans l'espoir fou de sauver ce (ceux) qu'il reste à sauver...

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16 février 2015

Pourquoi je suis devenue végétalienne - végane en devenir

Comment passe-t-on d'une citadine qui salive devant un steak, se damne pour du fromage et tape dans les mains quand on parle de Mac Do à une végétalienne qui refuse de consommer tout ce qui est animal, laitage & oeuf compris ?

Devenir végétalienne est la réponse réelle et puissante à un monde qui se fait sans nous. La seule action concrète pour lutter contre les injustices qui nous détruisent tous, où que nous soyons sur la Terre, quelque soit notre degrés de puissance dans le monde.

C'est mon arme de lutte contre l'injustice sociale, contre la pollution mise en place au nom du profit, contre les Lobby qui sont devenus les propriétaires de notre vieille Terre, contre la famine mondiale, contre les guerres de peuples, contre le gouvernement, contre un modèle social, contre la violence, la misère et la colère, contre les maladies provoquées par l'homme, contre la fonte glacière et le trou dans la couche d'ozone, contre la déforestation et le vol des terres, contre un commerce affamé qui n'a ni moral ni loi.

Vegplanete a d'ailleurs dressé la liste des 400 meilleures raisons d'être végé

Et bien sûr, je le fais au nom des oubliés de ces camps d'extermination, ces animaux qui n'en sont plus, réduits à l'état de chair à consommer, de lait à puiser.

Tout ça, et plus encore. Car parler du végétalisme en s'arrêtant à la cause animale n'est que la pointe à peine visible d'un iceberg que nous percutons encore et encore.

Je n'ai jamais eu un amour des animaux qui pourrait justifier mon végétalisme. Je les aime en liberté, loin de moi, chacun sa place. Je n'ai pas de chien et mon chat vit sa vie comme il le souhaite, libre d'aller et de venir quand il a besoin de manger ou d'avoir une attention. Je reconnais aux animaux le droit d'être vivant, d'avoir une vie sociale, un territoire. Je reconnais au lion le droit quand il a faim d'aller chasser l'antilope, même si ça me peine. Nous ne sommes pas de lions. Aucun carnivore n'a notre capacité de réflexion. Aucun carnivore n'a instauré de chaîne pour modifier génétiquement un animal, le faire naître, le faire grandir rapidement puis le scier en deux pour en revendre des bouts sous cellophane. Quand le lion n'a plus faim, il joue, se repose, crée des liens affectueux et parfois même avec d'autres espèces, comme la nôtre (Ne comptez pas sur moi pour cette expérience !)

 

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L'homme qui fait des câlins aux lions

Devenir végétalienne c'est prendre le monde dans sa globalité. Etre en mesure d'apporter des solutions concrète à une Terre qui va mal.

Comment se peut-il que vider mon assiette d'un steak saignant et goûtu, d'un poulet rôtis au doux fumé ou d'un poisson à l'anis puisse avoir le pouvoir de changer le monde ? De sauver des vies humaines et animales, des forêts et des océans ? De retirer leurs pouvoirs à des multinationales injustes et assassines ?

C'est l'effet papillon. Un simple battement d'ailes peut déclencher une tornade à l'autre bout du monde.

 

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Et pourtant, c'est pas des cons.

 

J'en avais assez de me sentir impuissante devant mon poste de télévision. Signer des pétitions, refaire le monde au coin d'une table, pleurer devant le journal télévisé, commencer à croire à des complots lugubres, trembler pour la vie de nos enfants ; tout cela ne servait à rien. C'est brasser de l'air, s'épuiser puis finir par baisser les bras. Après nous le déluge. Des constats, pas de solutions. 

 

 

Le végétalisme est devenue ma solution. Chaque jour, la minuscule part de ce commerce auquel je ne participe plus vient s'ajouter aux minuscules parts des autres. Je ne me sens pas seule, je ne me sens plus vaine.

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Je partage mon houmous avec eux quand ils veulent !

 

Bref, ce blog est petit, minuscule, instable sur ses pieds, balbutiant, mais il sera une voix de plus sur la toile. Il aura certainement un impact sur une autre personne, comme d'autres minuscule blog ont eu un impact sur ma vie. Il donnera peut être envie d'en savoir plus, de fouiller et de chercher des informations, comme je le fais encore.

Une chose est sûre : être végétalienne, c'est bon dans mon coeur, dans mes actes mais aussi dans ma bouche. Les recettes sont tellement nombreuses, tellement savoureuses ! Ne pensez pas que nous ne mangeons que de drôles de graines germées, du tofu ou des légumes au sel ! Nos repas sont riches de saveurs, d'aromes, de plaisir. On ne boude pas son plaisir devant un plat de lasagnes aux légumes, un gâteau au chocolat-coco et une glace à la vanille au lait d'amande ! Et soyez sûrs qu'on ne manque de rien ;)

 

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Le Blog 100% végétale et les recettes de Marie Laforêt 

Comment changer le monde assis sur sa chaise ?

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Chaque jour, des gens changent le monde. Un peu, beaucoup, passionnement. A leur façon, avec ce qu'ils ont, avec ce qu'ils sont, avec ce qu'ils créent.

Certains se livrent corps et âme à des causes, mènent des combats, ils sont les leaders invonlontaires d'un changement qui les dépassent.

Certains combattent pour ceux qui sont loin, d'autres sont au coeur d'une bataille qui semble perdue d'avance.

Il y en a qui sont emprisonnés, il y en a même qui meurent. Il y a ceux dont on ne parle pas et ceux dont on nous rabat les oreilles.

 

Et il y a ceux qui sont assis sur une chaise, loin de tout ça ; en apparence. En apparence parce que le monde n'est qu'une boule qui flotte. Nous n'avons qu'une seule véritable frontière : l'espace.

 

Je suis assise sur une chaise, devant mon écran, mais je veux changer le monde. Mes armes sont pauvres, ce sont celles des mots, de mon porte monnaie, de mes choix quotidien, de mon discours. De ce que je veux faire entendre.

Vous serez libres de lire ou de fermer la page, libres de vous dire pourquoi pas ou de refuser, libres de prendre un bout ou de tout prendre.

Je participe, assise sur ma chaise, à ce changement que nous sommes de plus en plus de gens à vouloir.

 

Je suis une activiste de chaise.

 

 

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